C’était en 1998 : l’ouverture du pont Vasco de Gama, à Lisbonne.

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Sa conception et sa réalisation, pilotées par Campenon Bernard SGE, ont nécessité de relever plusieurs défis. Son arrivée a accompagné durablement le développement de la rive sud de Lisbonne, tout en décongestionnant le trafic local. Rétrospective.

Défi chronométré

reportage pont

Lorsque le gouvernement portugais lance son appel d’offres international, la demande est claire : l’inauguration du pont doit avoir lieu pour l’exposition universelle de Lisbonne, en mars 1998. Avec un démarrage des travaux en janvier 1995, les délais se révèlent extrêmement réduits, notamment au regard de la complexité technique. Et pourtant, la livraison du Pont Vasco de Gama est honorée dans les temps : pari tenu. Considéré comme une fierté nationale, l’ouvrage a par ailleurs reçu le premier prix de génie civil à la Biennale hispanico-américaine de l’architecture et du génie civil à Madrid, en 2000. 

Multiples challenges

vasco de gama

Outre ses délais de réalisation extrêmement serrés, le pont Vasco de Gama cumule les challenges. Sa longueur inédite, 17 km, a nécessité de prendre en considération la courbure de la terre et d’imaginer des réponses techniques et technologiques adaptées. Par ailleurs, l’ouvrage a été conçu pour être en mesure de résister à des tremblements de terres 4,5 fois plus puissants que celui qui avait ravagé Lisbonne en 1755. Enfin, la conception du pont, dont les haubans atteignent 824 mètres, assure la résistance à des vents atteignant 250 km/h. 

A la hauteur

vasco de gama

Pour enjamber les 17 km du Tage, le pont assemble cinq parties distinctes : quatre viaducs, un pont à haubans – auxquels s’ajoutent les échangeurs. Pour répondre aux défis posés par les délais imposés et par la longueur de l’ouvrage, un phasage singulier et une coordination par satellite ont été mis en place. Pour faire face aux risques sismiques, les solutions se complètent : le viaduc Nord est équipé d’un système d’amortisseurs capable d’absorber des effets de déplacements. Quant au tablier du pont à haubans, il n’est pas fixé à ses pylônes, ce qui lui offre la possibilité de se déplacer transversalement et longitudinalement. Ses piles, très souples, peuvent obtenir de longues périodes de vibration. Les piles du viaduc central sont, elles, équipées de coupleurs hydrauliques. Il peut donc bouger quand il est utilisé, mais sera bloqué en cas de séisme.

Approche novatrice

pont vasco de gama

La construction du pont aura également été marquante sur le volet environnemental. Les mesures appliquées étaient inédites à l’époque et ont participé à impulser une nouvelle approche dans la prise en compte de l’environnement des ouvrages. Ainsi, des murs anti-bruit, des protections contre les affouillements à la base des piles du canal mais aussi des bassins de traitement des eaux pluviales ont été construits pour accompagner et limiter les impacts de la construction du pont. Sur la rive sud, les eaux des marais salants du Samouco ont fait l’objet d’une attention particulière. Ces eaux sont une réserve naturelle et un lieu essentiel à la vie de centaines d’espèces d’oiseaux, de poissons, de crustacés et de mollusques. Le projet a donc créé une nouvelle réserve, qui s’étend sur 400 hectares. Et, au printemps 1995, le planning a pris en compte le passage d’oiseaux migratoires, en interrompant les chantiers pendant trois semaines.

Données marquantes